LE GÉNOME EN PARTIE DÉCODÉ:
Après l'homme en 2000 et la souris en 2002, le rat est le troisième mammifère à être ainsi décodé en 2004. D'après les premiers résultats, le génome de ce rongeur serait légèrement plus grand que celui de la souris et 5% plus petit que le nôtre. Il contiendrait entre 25.000 et 30.000 gènes. Les chercheurs estiment que le rat partagerait près de 90% de ses gènes avec l'homme. La connaissance de ce génome devrait permettre de mieux cibler les traitements pour lutter contre certaines pathologies touchant l'être humain.
LE RAT SAUVETEUR:
Les rats pourraient aider les sauveteurs à localiser les victimes dans des décombres. Pour cela, pas besoin de dresseurs: des électrodes implantées dans le cerveau et un système de transmission remplace les échanges qu'un maître développent avec son chien. Des chercheurs ont implanté des électrodes dans différentes zones cérébrales du rat (liées à l'olfaction, au mouvement ou à la récompense). Ils ont entraîné le rongeur à reconnaître l'odeur d'un être humain ou d'explosifs puis ils ont identifié l'activité cérébrale propre à cette reconnaissance. Ces signaux doivent ensuite être télétransmis à l'équipe de contrôle grâce à un petit émetteur/récepteur attaché au dos du rongeur. Le joueur de flûte de Hammlin disposait-il d'un de ces émetteurs/récepteurs?
LE RAT MUTANT:
Un rat génétiquement modifié a pour la première fois été créé par des scientifiques américains afin d'aider la recherche médicale sur le cancer. Une équipe de l'université de Wisconsin-Madison a injecté directement chez le mâle un composant qui altère l'ADN du rat. Ces rats se sont reproduits et les chercheurs ont passé au crible le patrimoine génétique de leur descendance. Ils ont ainsi obtenu une lignée dont les gènes BRCA1 et BRCA2 sont mutés. Chez la femme, des mutations sur ces gènes sont impliquées dans les cancers du sein. Cette technique a cependant ses limites : elle ne permet pas d'insérer ou de supprimer un gène mais seulement de les altérer au hasard.
UN RAT CLONÉ:
Indispensable compagnon du chercheur, modèle incontournable pour la recherche médicale, le rat résistait au clonage par transfert de cellules somatiques, la technique qui permet d'obtenir un nouvel individu à partir de la cellule d'un animal adulte. L'équipe dirigée par Jean-Paul Renard, de l'INRA, a pour la première fois réussi à cloner des rats. A partir de 129 embryons de rats clonés implantés chez deux femelles, les chercheurs ont obtenu une gestation. Sur les trois rejetons mâles un est mort quelques heures après la naissance, les deux autres se sont développés normalement et ont eux-même donné naissance à une lignée de rats normaux. D'autres lignées ont ensuite été obtenues à partir de deux femelles clonées. Pour la recherche biomédicale, le rat est souvent le modèle le plus proche de l'homme pour étudier les maladies ou tester les médicaments. Maîtriser le clonage du rat permettra de créer des modèles transgéniques adaptés aux recherches, comme cela est déjà fait avec la souris.
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