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ETHOLOGIE
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LE RAT DISCRIMINE LES LANGUES
L'équipe de Juan Toro, des chercheurs de Barcelone, vient de démontrer qu'après l'être humain (adulte ou nouveau-né) et le singe tamarin, le rat est lui aussi capable de reconnaître différents motifs du langage humain. Les chercheurs ont tout d'abord constitué deux groupes de rats: le premier était habitué à appuyer sur un levier lorsqu'il entendait une phrase en japonais, et le second lorsqu'il s'agissait d'une phrase en hollandais. Après cette phase d'habituation, les rats élevés au japonais ne réagissaient qu'au japonais lorsque des phrases dans les deux langues étaient prononcées, et inversement pour le deuxième groupe. Ils étaient donc capables de discriminer entre deux langues. En outre, ils étaient capables de reconnaître de nouvelles phrases prononcées dans leur langue favorite! Ceci suggère qu'ils ont acquis les caractéristiques de celle-ci. Cependant, si c'était une nouvelle voix qui prononçait une phrase connue dans l'une des deux langues, les rats étaient perdus. Il semblerait donc que malgré le fait qu'ils partagent une aptitude semblable à la nôtre, ils n'en font pas le même usage.
LE RAT EST CAPABLE DE MEMOIRE
Un chercheur a constitué deux groupes de rats: un groupe contrôle auquel il donnait à boire de l'eau normale ou de l'eau sucrée, et un groupe expérimental auquel il donnait également de l'eau normale ou de l'eau sucrée, mais auquel il injectait en plus une neurotoxine après qu'ils aient bu de l'eau sucrée. L'étude se déroulait ainsi: lorsqu'un rat du groupe expérimental buvait de l'eau sucrée, tout de suite après le chercheur lui injectait cette neurotoxine. Le rat était alors pris de convulsions douloureuses. Puis au bout d'un moment, il lui injectait un antidote. Les résultats nous montrent que le rat issu du groupe expérimental, dès lors qu'il a subit une seule association eau sucrée--neurotoxine, préfère boire de l'eau normale, alors qu'un rat du groupe contrôle préfère toujours boire de l'eau sucrée. Il semblerait donc que les rats soient capables de mémoire, puisqu'ils modifient leur comportement suite à une phase d'apprentissage.
LE ROI DE RATS
Le roi de rats est un étrange phénomène dont la signification nous échappe encore aujourd'hui. En effet, entre 12 et 32 rats sont attachés par la queue, ce qui les empêche de se déplacer et de se nourrir. Certaines hypothèses stipulent que ce serait les mères qui contraindraient les bébés rats à se nouer la queue pour qu'ils meurent de faim, mais ceci semble illogique car il a été montré que les rois des rats étaient nourris par le reste de la société ratière. Selon une hypothèse plus vraisemblable, les ratons trop à l'étroit mêleraient leur queue par hasard, celle-ci étant enduite de colle à l'âge tendre. Une question subsiste encore: Pourquoi leurs congénères les aident-ils à survivre?
LES RATS MEMORISENT EN DORMANT
Matthew Wilson, chercheur en sciences cognitives au MIT(Massachusetts, USA) a mesuré l'activité cérébrale chez quatre rats, en comparant les zones actives pendant la période d'éveil et pendant le sommeil. On observe chez le rat éveillé un schéma d'activité cérébrale particulier associé à chaque labyrinthe. Or pendant le sommeil, on enregistre un schéma identique à celui du parcours qu'ils ont effectué dans le labyrinthe alors qu'ils étaient en veille. Pour Wilson, ces rêves jouent un rôle important chez ces rats en ce qui concerne leur mémorisation. Ce lien entre sommeil et mémorisation a déjà été étudié chez l'homme, et il semble qu'il en aile de même chez le rat.
LE CANNIBALISME RITUEL
Il existe des espèces de rats qui effectuent ce que l'on appelle « l'élection du roi des rats ». Pendant toute une journée, les mâles se battent pour tester leur force. Les plus combatifs éliminent les plus faibles. Au cours du dernier duel, un rat sort vainqueur. Il peut alors féconder les femelles les plus fertiles, et la nourriture abonde pour lui. De plus, les autres rats de la tribu se soumettent devant lui. Mais dès qu'il est assoupi, d'autres mâles le tuent et lui ouvrent le crâne grâce à leurs incisives. La tribu se partage alors le cerveau de leur « roi ». La théorie actuelle est de dire que les rats pensent bénéficier, en ingurgitant le cerveau du plus fort d'entre eux, des qualités de celui qui les gouvernait. Est-ce la preuve d'une pensée abstraite et symbolique chez le rat, et donc d'une capacité de langage?
UNE HIERARCHIE IMMUABLE
Lorsque six rats se retrouvent réunis dans une cage, on observe toujours la mise en place des mêmes statuts. Si on leur impose de passer par une étendue d'eau pour aller se nourrir, les six rats ne se jettent pas à l'eau. En effet, deux nageurs sont soumis: ils nagent pour aller chercher la nourriture des deux dominants qui les exploitent. Ils ne mangent que les restes des exploiteurs. Il y a aussi un souffre douleur qui ne nage pas et ne se bat pas, et un autonome qui va chercher sa nourriture et se bat pour la garder. On a par ailleurs constaté que les dominants étaient les plus stressés car ils redoutaient de perdre le respect des rats soumis.
DES MOUSTACHES SUR LE CERVEAU
Sans ses moustaches, le rat ne pourrait pas se déplacer ou se cacher durant la nuit: elles lui permettent non seulement de repérer les objets, mais aussi d'en connaître précisément la texture. Ces soies, réparties de chaque côté du museau, résonnent comme les cordes pincées d'un instrument de musique, la fréquence variant selon leur longueur et leur épaisseur. L'équipe de Christopher Moore a également mesuré l'activité des neurones en faisant vibrer de plus en plus vite les moustaches. On constate ainsi que les neurones réagissent différemment en fonction de chaque fréquence transmise par la moustache.
PAS DE PATTES, PAS DE MEMOIRE!
Pour reconstituer l'espace afin de trouver son chemin lors d'un déplacement, l'acte même de locomotion joue un rôle essentiel dans l'utilisation des indices perçus par l'animal. Lorsqu'un rat se déplace dans un labyrinthe ou dans une pièce qu'il connaît, ses mouvements sont codés par plusieurs systèmes qui coopèrent. Tout d'abord, certains neurones de l'hippocampe codent la position de l'animal dans la pièce. Ensuite, les orientations de la tête dans l'espace sont codées par les neurones du thalamus et des régions proches de l'hippocampe. Enfin, grâce aux messages proprioceptifs, vestibulaires et visuels, les mouvements de rotation du corps sont codés dans le cortex vestibulaire pariétoinsulaire. Les systèmes de neurones qui permettent au rat de connaître sa position dans la pièce ne mémorisent la structure de celle-ci que si l'animal explore activement l'environnement. Si on l'y déplace passivement, il ne pourra construire une carte des lieux. L'action est donc essentielle pour que soit constituée la représentation des relations du corps et de l'espace nécessaire à la navigation.
L'INSTINCT SUBSISTE MEME APRES LA CAPTIVITE
Que peuvent devenir des rats de laboratoire libérés dans une nature qu'ils n'ont pas connue depuis des centaines de générations? L'instinct leur a immédiatement redonné le goût des pommes, de se trouver un abri, de fuir les chats et de tisser un réseau social élaboré. Les détails de ce retour à la vraie vie ont été filmés par leur libérateur, un éthologue de l'université d'Oxford.
UN ODORAT EN STEREO
Des chercheurs Indiens ont montré qu'un simple reniflement suffit aux rats pour déterminer la provenance d'une odeur. Ils sont dotés d'un système de traitement en stéréo qui prend en compte les différences d'intensité et de temps d'arrivée des odeurs dans chaque narine, tout comme le traitement stéréophonique des sons. Dans le bulbe olfactif, 90% des neurones répondent différemment aux odeurs selon qu'elles proviennent de son côté droit ou de son côté gauche.
DES DENTS A L'EPREUVE DES MURS
Pour entrer dans une cuisine, il faut d'abord en franchir les murs. Les rats ont appris à organiser une intrusion bien ordonnée. Ils se rangent en ligne et l'un des membres du groupe prend le rôle de chef. Celui-ci attaque le mur à pleines dents, et en retire une portion avant de céder sa place au suivant. La colonie défile ainsi, individu après individu, chacun se relayant jusqu'à ce que l'ouvrage collectif soit achevé. La répartition du travail est exemplaire et juste, et tout le monde profite de la récompense, de l'autre côté du mur…
DES FINES BOUCHES
Un rat est physiologiquement incapable de vomir, c'est pourquoi il lui faut être prudent en matière d'alimentation et apprendre à différencier ce qui est comestible de ce qui ne l'est pas. Toute nouvelle nourriture est ainsi minutieusement inspectée. Un rat sauvage peut attendre plusieurs jours avant de goûter un nouveau mets. Il n'en consomme qu'une petite quantité, afin d'en évaluer les effets. Des expériences réalisées en laboratoire ont montré que les rats sont capables d'associer les goûts et leurs conséquences viscérales, y compris plusieurs heures après l'ingestion. Ils sont aussi aptes à sélectionner ce qu'ils mangent. Un rat peut en effet développer un appétit spécifique afin de combler une carence. De plus, dans un groupe de rats, des goûteurs sont désignés pour tester toute nouvelle nourriture. Grâce à cette stratégie, même en cas d'empoisonnement massif, une colonie de rats n'est jamais décimée entièrement. De même, il existe des rats qui survivent au poison et qui transmettent le géne résistant à leurs descendants.
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