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PSYCHOLOGIES
VOICI LES POINTS ABORDES ICI
L'agressivité en partie génétique. Vers un traitement du syndrome post-traumatique. Rétention à long terme et réactivation. Anticipation d'un plaisir. L'effet Pygmalion.
L'AGRESSIVITE EN PARTIE GENETIQUE
En 1964, Lagerspetz mène une étude sur les facteurs génétiques de l'agressivité auprès de rats. Pour cela, il sélectionne tout d'abord un rat très pacifique d'une part et un rat très agressif d'autre part. Il permet à chacun de se reproduire. A la génération suivante, il sélectionne le rat le moins agressif de la portée du rat pacifique et le rat le plus agressif de la portée du rat violent. Il leur permet à leur tour de se reproduire, et recommence le même procédé pendant 6 générations. A la sixième génération, li y a une nette différence entre les deux groupes de rats obtenus. Il montre donc qu'en quelques générations, il peut produire des rats agressifs et des rats pacifiques, ce qui appuie l'hypothèse selon laquelle l'agressivité est en partie génétique (mais pas seulement).
VERS UN TRAITEMENT DU SYNDROME POST-TRAUMATIQUE
Les émotions favorisent l'apprentissage, phénomène lié aux amygdales, petits noyaux cérébraux à l'origine de nos émotions. Chez des rats soumis au test de la boite noire (où une décharge électrique attend ceux qui s'y glissent), une stimulation des amygdales renforce l'effet dissuasif du choc électrique, tandis qu'une inhibition l'atténue. Autrement dit, la peur, même provoquée artificiellement, augmente la mémorisation à long terme bien plus efficacement qu'un stimulus douloureux neutre sur le plan affectif. Après dissection des hippocampes, impliqués dans la mémoire, la sécrétion d'une protéine spécifique, la protéine Arc, liée à la peur, a été mise en évidence. Sa fonction pourrait être de renforcer les connexions synaptiques et donc la mémorisation de l'événement affectif. Selon les chercheurs, désactiver ce mécanisme pourrait permettre de traiter les pathologies liées aux dommages psychologiques comme les syndromes post-traumatiques.
RÉTENTION À LONG TERME ET RÉACTIVATION: LE CONDITIONNEMENT À LA PEUR
Campbell et Jaynes (1966) placent trois groupes de rats âgés de 23 jours dans une cage avec deux compartiments, séparés par une porte. L'un des compartiments est noir, et le rat y subit un choc électrique; le second est blanc et le rat n'y reçoit aucun choc. Lors d'une première phase de conditionnement, les groupes 1 et 2 subissent neuf essais de chocs électriques, suivis de périodes dans le compartiment blanc sans choc. Le groupe 3 est le groupe contrôle. Durant une deuxième phase, les rats des groupes 1 et 3 sont soumis à un choc électrique par semaine pendant quatre semaines, tandis que les rats du groupe 2 n'en subissent pas. Le groupe 1 est donc dans une phase de réactivation. La troisième phase est une phase de test, qui a lieu à la cinquième semaine, et durant laquelle les chercheurs mesurent le temps que reste un rat dans le compartiment blanc par rapport au compartiment noir. Les résultats, rapportés dans le graphique ci-dessous, montrent que pour qu'il y ait maintient à long terme d'une information en mémoire, il faut une phase de réactivation. Mais Campbell et Jaynes étaient-ils réellement obligés d'utiliser des chocs électriques? Des drops n'auraient-ils pas suffit?
ANTICIPATION D'UN PLAISIR
Le dispositif expérimental est constitué de deux compartiments distincts par la couleur des murs et la matière constituant le sol du labyrinthe. La première étape consiste en une phase d'apprentissage. Un jour sur deux, chaque rat reçoit une injection de morphine, puis est placé dans un des compartiments.; le jour suivant, il reçoit un placebo avant d'être placé dans l'autre compartiment. Ainsi, le rat apprend à associer un environnement spécifique avec les effets positifs de la morphine. Après cette période de conditionnement, les rats sont replacés (sans injection de drogues) dans l'un, puis dans l'autre des compartiments. Lorsque le rat est placé dans l'environnement associé à l'injection de morphine, on constate une augmentation des enképhalines dans le noyau accumbens: le rat anticipe la récompense. Quand on le place dans le compartiment associé au placebo, on note une diminution des enképhalines.
A la lumière de ces données, peut-on parler d'une neurobiologie du plaisir lié aux cadeaux?
L'EFFET PYGMALION
Rosenthal, à qui l'on doit la découverte en 1971 avec Jacobson de l'effet Pygmalion, observe le biais inconscient de l'expérimentateur pour la première fois en 1963 auprès de rats de laboratoire. Dans son expérience, des groupes d'expérimentateurs naïfs étaient capables d'amener des rats qu'ils croyaient à tort issus d'une lignée supérieure à réaliser des apprentissages complexes plus rapidement qu'ils ne le faisaient avec des rats supposés inférieurs. En fait, tous les rats provenaient d'un même élevage, la seule différence entre les deux groupes de rats n'existant que dans l'esprit des expérimentateurs. Des tests objectifs ont montré que des rats qui n'avaient rien de supérieur apprenaient plus et plus rapidement que ceux qui n'étaient en rien inférieurs. Cela suggérait que les rats modifiaient leur comportement en fonction des attentes de l'expérimentateur. Serait-il alors possible que les rats, tout comme nos enfants, soient sensibles à nos attentes? Possèdent-ils par conséquent un concept de Soi?
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